• Une affaire d’État

    La grève, une affaire d’État

    Amiante
    L’assemblée s’est cotisée pour les grévistes, trop d’émotion pour Frédéric Bois (à droite), délégué syndical.


    Après huit semaines de grève chez CRI-France à Vitry-en-Charollais, le mouvement continue. Une réunion publique a permis hier un nouveau débat autour de cette situation qualifiée d’ubuesque.

    «Merci à toutes les personnes qui nous soutiennent, ça nous fait chaud au cœur… » Frédéric Bois, délégué syndical central pour CRI-France n’en dira pas plus. La gorge nouée, il est à bout et craque. Huit semaines qu’il résiste. Huit semaines qu’il lutte face à une direction de l’usine Eternit « complètement sourde » aux revendications de ses salariés grévistes. Huit semaines qu’il attire l’attention sur « des questions qui ne touchent pas que les salariés d’une entreprise mais qui est aussi un véritable problème de santé publique ».

    Eric Aubin secrétaire fédéral CGT Construction s’est déplacé à Paray-le-Monial hier matin pour évoquer, lors d’une conférence de presse publique, cette « situation incompréhensible, ubuesque ». Pour dire aussi qu’il fallait « régler ce problème de santé publique dans les plus brefs délais », et avec, le licenciement d’Olivier Melot. « En dénonçant ce projet, il n’a fait que remplir sa mission. Nous avons porté à la connaissance des plus hautes instances cette volonté de la direction à vouloir éliminer les représentants de la CGT et le projet de décharge sauvage… »

    Un soutien intense : Dans la salle, la tension monte. Veuve depuis 2008, une dame promet de soutenir ce mouvement. « Dans les cimetières, il y en a plein d’Eternit. Je voudrais qu’on ne les oublie pas. » Un autre, habitant de Vitry, ancien d’Eternit, dénonce l’absence des élus locaux dans cette affaire. « Où est André Accary, l’homme de terrain ? » « Où est le député, qui signe là son mépris pour le monde ouvrier », clame un autre.

    Dans cette affaire, seuls les élus socialistes osent pointer leur nez. « Le conseil général a pris position, lance Christian Bonnot, venu avec Philomène Bacot et Alain Philibert, deux autres élus de la majorité départementale. Nous voulons accueillir des entrepreneurs, des créateurs mais en aucun cas des fossoyeurs ! Vous avez le soutien de notre président ! ». Selon les propos des trois conseillers, « Arnaud Montebourg a saisi le Préfet pour organiser une médiation. Ce dernier a pris l’engagement d’en parler rapidement au ministre… »

    Plus qu’un douloureux problème local, le mouvement semble en passe de devenir une vraie affaire d’État.

    Edwige Labruyère du JSL le 05/04/2011.


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